L’économie palestinienne pourrait croître de plus d’un tiers si Israël levait ses restrictions au développement dans les 60% de la Cisjordanie sous son contrôle total, estime la Banque mondiale (BM) dans un rapport publié mardi.
Plus de la moitié de la terre de Cisjordanie (...) est inaccessible aux Palestiniens, souligne la BM dans un communiqué accompagnant le rapport, qui évalue le manque à gagner pour l’économie palestinienne à 3,4 milliards de dollars par an (2,5 milliards d’euros).
Le rapport estime que si les entreprises et les exploitations agricoles étaient autorisées à se développer en zone C (sous contrôle total d’Israël), cela ajouterait jusqu’à 35% au PIB palestinien, selon le communiqué.
La BM identifie six secteurs à fort potentiel : l’agriculture, les minéraux de la mer Morte, les mines, la construction, le tourisme et les télécommunications.
Agriculture et exploitation des minéraux permettraient d’augmenter respectivement de 7 et 9% le PIB si Israël levait les restrictions au mouvement et à l’accès ainsi que d’autres obstacles administratifs à l’investissement et à l’activité économique palestiniens en zone C, assure la BM.
La situation budgétaire de l’Autorité palestinienne s’améliorerait alors très nettement : le développement de la zone C dégagerait environ 800 millions de dollars (590 millions d’euros) de recettes supplémentaires, réduisant significativement le besoin de soutien budgétaire des donateurs, selon le rapport.
Dans le cas contraire, prévient Mary Sherman, directrice de la BM pour la Cisjordanie et la bande de Gaza, l’espace économique restera fragmenté et amputé.
Lors d’une réunion des donateurs à la Palestine le 25 septembre à New York, l’émissaire du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU), Tony Blair, a dévoilé une initiative visant à enclencher en 2014-2016 un basculement substantiel de l’économie palestinienne vers un développement tiré par le secteur privé.
Le plan élaboré par une équipe d’experts cible huit secteurs prioritaires : agriculture, bâtiment, tourisme, technologies de l’information et de la communication, industrie légère, matériaux de construction, énergie et eau, dont une partie importante en zone C de Cisjordanie ainsi que dans la bande de Gaza.
Dans son rapport aux donateurs, l’Autorité palestinienne a insisté sur la responsabilité prépondérante d’Israël, qui contrôle tous les accès aux Territoires palestiniens, à la seule exception du terminal de Rafah entre Gaza et l’Egypte.
Sans la fin de l’occupation israélienne, en particulier le siège de la bande de Gaza et les restrictions israéliennes en zone C et à Jérusalem-Est, une croissance économique durable impulsée par le secteur privé est inaccessible, ce qui provoque une hausse du chômage et de la pauvreté, résumait le gouvernement palestinien.
Débrider le potentiel de développement économique, en particulier en +zone C+, en permettant le plein accès des Palestiniens à leurs terres et à leurs ressources naturelles, entraînerait une croissance du PIB de 40%, selon des estimations basses, assurait-il.
Dans leurs rapports en vue de cette réunion, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale prévenaient que la croissance palestinienne allait continuer à décliner, de 11% en 2011 à 5,9% en 2012 et autour de 4,5% en 2013.