Très intéressante démonstration, mais... Je tiens tout d’abord à préciser (car mes propos pourrait ne pas me valoir que des amis) que ma vue sur l’euro, c’est que c’était une bonne idée à la base, mais qui a complètement été gâchée. Je n’étais pas au courant de cette directive directe étasunienne pour sa conception, et même si un article n’est preuve absolue, je perds le peu de considération que j’ai pour ce pauvre cadavre ambulant.
Donc conférence passionnante, mais qui me gêne assez. Pourquoi ? Par la présentation que fait M. ASSELINEAU des événements. Il a son parti prit, c’est naturel, surtout quand on veut exposer un point de vue. Mais je crois qu’il occulte certains aspects de sa démonstration :
"toutes les monnaies supranationales disparaissent" : oui, c’est vrai, comme toutes les monnaies ou les institutions en fait. Ou plus exactement, il peut y avoir des "éclipses", mais surtout, la mutation sociétale (un concept auquel je tiens beaucoup) faisant qu’un élément social (comme la monnaie, ou le système de gouvernement politique) change, parfois très subtilement, mais empêche tout retour à un état antérieur.
"la monnaie nationale revient sans faute au bout d’un temps" : je prendrais le cas de la drachme grecque car c’est la plus spectaculaire (des siècles d’éclipse, rien de moins). Le peuple grec a voulu se libérer, pour cela il a besoin d’une unité. La perception de l’unité existe dans la perception du passé : le nom drachme a été pris pour sa portée symbolique. Mais un drachme du XX siècle n’a pas la même valeur qu’un drachme au siècle de Périclès en valeur d’achat (en plus, l’évolution des savoirs et techniques fausse encore plus ce jeu économique de parité, aucun Hellène ne pouvait acheter du tabac, par exemple). Or la perception du passé est concomitante avec la volonté politique d’un temps donné : la séparation Grèce/Macédoine n’a pas lieu d’être historiquement (assimilation d’Alexandre, et continuités sous les empires successifs hellénistiques, romains, byzantins, ottomans). et pourtant il y a séparation de peuple(s), d’où la troisième réflexion...
"la monnaie, c’est le peuple" : c’est à dire une unité ethnique ou linguistique ou traditionnelle. Dans ce cas quid de la France, union de peuples différenciés (Bretons celtes, Basques, Corses italiques... pour les séparatismes les plus célèbres).
Reste la passionnante remarque sur les possibilités de sorties, qui ouvre bien des perspectives.
Contradicteurs, à vos claviers.
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