Bon pour la casse, les déraisons de l’obsolescence programmée
24 octobre 2012 15:36, par TremahLe constat a été fait 150 fois depuis les années 60, mais tous les ans on a un nouvel universitaire qui nous pond sa critique de la société de consommation. C’est devenu un poncif de la sociologie "postmoderne" qui assure un petit succès de librairie et l’estime des collègues.
Baudrillard avait déjà tout formulé - dont l’obsolescence programmée -, et magistralement, dans son essai La société de consommation (1970) dont je livre ici quelques passages forts :
"Le coût majeur de la société de consommation est le sentiment d’insécurité généralisée qu’elle engendre"
"Le système s’épuise dans sa reproduction. Un seuil de "patinage" où tout le surcroît de productivité passe à entretenir les conditions de survie du système. Le seul résultat objectif est alors la croissance cancéreuse des chiffres, mais, pour l’essentiel, on revient proprement au stade primitif qui est celui de la pénurie absolue (..) Nous n’en sommes pas là, mais nous voyons se profiler (..) une tendance générale à un fonctionnement interne tentaculaire du système - les consommations dysfonctionnelles (..) augmentant plus vite que les consommations fonctionnelles."
"Santé, beauté, vacances, culture (..) L’apparition de ces droits sociaux nouveaux, brandis comme slogans, comme affiche démocratique de la société d’abondance, est en fait symptomatique du passage des éléments concernés au rang de privilèges de classe. Le "droit à l’air pur" signifie la perte de l’air pur comme bien naturel, son passage au statut de marchandise, et sa redistribution inégalitaire"
"Le consommateur est souverain dans une jungle de laideur où on lui impose la liberté de choix"
"La différenciation peut prendre la forme du refus de la "consommation" (..) Il y a un syndrome très "moderne" de l’anti-consommation, qui est au fond méta-consommation (..) C’est sur la base du luxe que se consomme la simplicité perdue."
"Partout on assiste à la désagrégation historique de certaines structures qui fêtent, sous le signe de la consommation, à la fois leur disparition réelle et leur résurrection caricaturale. La famille se dissout ? On l’exalte. Les enfants ne sont plus des enfants ? On sacralise l’enfance. Les vieux sont seuls, hors circuit ? On s’attendrit collectivement sur la vieillesse (..) On magnifie le corps à mesure que ses possibilités s’atrophient et qu’il est traqué par le système de contrôle et de contraintes urbaines, professionnelles, bureaucratiques".
A lire sans à priori !