N’étant pas moi-même une initiée guénonnienne, je n’aurais donc pas la prétention de rivaliser avec les hautes sphères (ô combien inaccessibles !) de la pensée guénonnienne, je me permettrai cependant de donner ici mon humble avis exotérique (certains diront, l’un l’ésotérisme ne va pas sans l’autre, mais bon, ne chipotons pas...)
Désolée, mais d’un point de vue chrétien, vos positions (je parle pour les adeptes de Guénon, et il y en a apparemment beaucoup sur E&R) sont indéfendables, pour la simple et bonne raison que la Tradition (avec un grand T !) de Guénon est INTRINSÈQUEMENT ANTI-CHRÉTIENNE, car antérieure à Christ, anté-Christ, avant la venue du Christ. Elle se réfère à des traditions et religions païennes et panthéistes. René Guénon avait raison de mettre en garde contre l’application politique de son idéologie ésotérique ; l’idéologie ésotérique du IIIème Reich avait les mêmes fondements (cf. Pauwels et Bergier dans le Matin des Magiciens). D’autre part, pas besoin d’avoir lu toute l’œuvre d’une Blavatsky ou d’un Aleister Crowley pour comprendre qu’ils sont aux antipodes de la religion chrétienne !
Je ne citerai donc que Fabrice Hadjadj dans "La Foi des démons, ou l’athéisme dépassé" :
Ceux-là surpassent l’athéisme et nous découvrent un lieu plus ténébreux, d’autant plus ténébreux qu’il se sert de la lumière pour épaissir ses ténèbres. Tel est le lieu du démoniaque. Il concerne premièrement les démons, sans doute, mais un chrétien ne saurait l’ignorer, car il désigne aussi une possibilité tragiquement sienne, celle d’une perdition qui s’ouvre au coeur même de la chrétienté. Le démoniaque n’est pas tant de vouloir le mal, que de vouloir faire le bien sans obéir à un autre, de vouloir faire le bien par ses seules forces, dans un don qui prétend ne rien recevoir, dans une espèce de générosité qui coïncide avec le plus fin orgueil.