la pornographie humilie autant les hommes que les femmes.
La pornographie n’a rien à voir avec l’érotisme. C’est pas une question d’intensité mais de nature. L’érotisme, c’est la joie des sens désaliénés. La pornographie, sous des apparences faussement identiques, c’est l’aliénation, l’arraisonnement, des sens par le Capital.
En effet, pornè qui désigne en grec ancien une prostituée signifie étymologiquement "vendue". Ce n’est donc pas une femme libre ni libertine, mais une femme aliénée. Et pas aliénée par ses névroses ou un gourou. Mais, étymologiquement et clairement, une femme aliénée par le Capital.
La pornographie est fondamentalement perverse, car c’est de la profanation par l’argent du sacré sexuel que nait le plaisir et non pas de la consommation de la chair elle-même. Le vieil érotisme libertin européen, et notamment italien et français, donna encore aux débuts quelques films emprunts d’une sensualité exubérante et d’un certain humour (à ne pas confondre avec les blagues) hérité de Renoir, Boucher, et même plus largement de Botticelli et de l’exubérance de la peinture italienne. Tout ceci fut annihilé par le porno-puritanisme des marchands protestants dans le sillage du new-age hippie, dépourvu de la moindre trace d’humour et d’exubérance, et façonnant un sexe techno-fasciste basé sur la corruption de l’humain par l’argent.
Comme vous le dites très justement, il ne faut pas laisser la critique de la pornographie aux groupuscules pudibonds et réac’... eux sont contre la pornographie car ils sont contre la chair. Nous, nous sommes contre la pornographie car nous sommes contre l’aliénation par le Capital. Enfin, en tous cas c’est mon avis.