les aveux téléphoniques de Porochenko à propos des Accords de Minsk (qui rejoignent ceux de Merkel, je crois) ont une valeur juridique essentielle dans cette guerre. En effet, le droit international prévoit que les traités doivent être "appliqués de bonne foi". Sans quoi ils n’ont pas de validité. Si les Accords de Minsk n’étaient qu’une ruse destinée à gagner du temps pour préparer la guerre contre la Russie, alors l’intervention russe gagne en légitimité au point-de-vue du droit international.
Pour le reste, je suis sceptique sur une offensive russe. A moins qu’ils soient certains de défaire l’armée ukrainienne en rase-campagne. Sinon, ils vont se retrouver dans la même impasse qu’au printemps, avec des Ukrainiens réfugiés dans les grandes-villes et le danger de multiplier les "Grozny". Des combats urbains coûteux. Même si l’armée russe finissait par triompher, ce serait au prix de pertes excessives par rapport à la valeur de l’objectif. Au-delà de l’aspect sentimental, la prise de Kharkov ou Odessa ne vaut pas un tel sacrifice. Il suffit aux dirigeants russes d’obtenir un "gel" du conflit (comme en Géorgie ou en Corée) qui bloque l’OTAN en Ukraine. Même cela serait déjà une grande victoire pour Poutine, qui fait quand-même face à l’Empire ne l’oublions pas.
Le général américain Milley dit un peu la même chose. Le retrait russe de Kherson a privé les Kiéviens d’une potentielle victoire militaro-politique (s’ils avaient isolé des troupes russes sur la rive-droite du Dniepr). Maintenant les Russes sont retranchés sur une ligne de défense solide, que les Kiéviens auront du mal à percer. Du coup, les Russes ont plutôt intérêt à jouer à l’économie et dans la durée, afin que l’aide occidentale s’épuise la première. C’est d’ailleurs pourquoi Milley a conseillé aux Kiéviens de négocier dès maintenant, en profitant de "l’effet Kherson" pour justifier des concessions auprès de leur opinion publique. A suivre...