Suite et fin de mon message précédent (désole pour la longueur) :
Le survivalisme américain, au-delà de l’organisation pratique de la survie (le côté "système D" qui parlera au français malin et indépendant d’esprit), développe une vision étroitement solipsiste de l’individu "assiégé" qui conduit effectivement à de nombreuses dérives, des plus ridicules (paumé accumulant les conserves) aux plus inquiétantes : certains survivalistes sont de fait des paramilitaires armés qui voient dans l’autre un ennemi non dévoilé (pilleur, voleur potentiel de ressources). Sur ce point, Piero ne parvient pas complètement à rassurer et à faire valoir un modèle de gestion proche du "pater familias".
Le survivalisme est également un business aux USA, qui renoue avec un certain charlatanisme très répandu durant le XIXème siècle : vente d’élixirs et de fioles, promotion de produits miracles, décontamination de l’eau par l’action de procédé douteux... Le survivaliste américain choisit également une "niche" apocalyptique en fonction de ses névroses personnelles - éruption solaire, invasion communiste, rupture du circuit de distribution - ce qui peut finir par faire de lui un consommateur dépressif comme un autre ayant simplement remplacé la pornographie par un hobby à la con.
C’est la raison pour laquelle Piero tente de valider une vision plus sociale, plus neutre du survivalisme, plus proche de l’organisation de la vie de village à l’européo-française.
Il est relativement convaincant, mais on sent malgré tout ce "tropisme" américain et protestant qui semble indissociable de la démarche survivaliste.