Pas complètement d’accord sur le film Munich : je trouve que les "cibles" palestiniennes sont presque plus "humanisées" (le type à Paris avec sa fille, le gars à Rome qui parle poésie et fait ses courses), alors que Israël est une espèce de machine froide qui se sert de ses agents en les considérant presque comme "jetables" et cette pression yahviste-vengeresse les pousse pratiquement dans la folie (le personnage principal, Avner, me paraît totalement laminé et détruit de l’intérieur au bout du processus, de justesse il réussi à couper le lien avec la maison-mère en envoyant sa famille à New York, où il les rejoint, mais il est trop tard, il a été trop abimé). Il y a une espèce de schizophrénie "ulcanesque" (complexe de supériorité et d’infériorité en même temps, je ne sais pas trop comment définir ça) qui flotte autour du "commando" israélien (notamment le personnage joué par Daniel Craig).
Le moment fort du film, auquel je repense souvent, est la conversation nocturne entre Avner et un Palestinien (ce dernier croit qu’Avner est un Basque ETA ou quelque chose comme ça) dans une planque à Athènes. Je ne peux pas croire que Spielberg a écrit ça sans faire exprès, en tout cas la position du Palestinien est si limpide, si forte, si cohérente que je m’était dit : comment est-il possible de donner tort à ces gens-là ? Avner flingue ce type peu après (je crois) mais humainement c’est difficile de ne pas se sentir plus proche du gars de l’OLP que du vengeur tribal.
Quoi qu’il en soit, peut-être l’ai-je regardé de manière un peu biaisée, mais le film m’apparaît moins manichéen qu’on a dit.